Après la crise, l’impératif de relancer le commerce…

« Pour revivre, faites les revivre ! » La baseline de la campagne grand public lancée par la Ville d’Orsay (91) le 16 juin, pour soutenir son commerce de proximité, va droit au but : « Besoin de refaire sa garde de robe, de faire quelques courses alimentaires ? Envie d’une nouvelle coupe de cheveux ou de manger en ville ? Pas besoin d’aller très loin… Rendez-vous chez vos commerçants orcéens. »

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Sur les affiches figurent des animaux aux looks improbables… La campagne, imaginée en interne, se revendique colorée et incisive. C’est qu’en période de déconfinement, il s’agit de se montrer créatif sur la question. Consommer local, le nouveau credo Car si la baseline ou le slogan changent, les campagnes de soutien aux commerçants et producteurs locaux se déclinent dans toutes les collectivités ou presque. Dans le Grand Nancy (54), elle est programmée pour six mois, en fonction des temps forts commerciaux. à La Roche-sur-Yon (85), deux slogans ont été imaginés en interne : « Mon commerce, j’y tiens, je le soutiens » et « Je vis ici, j’achète ici ». Jusqu’au 21 juin, ils ont été déclinés sur 131 panneaux JC Decaux, mais aussi sous la forme de 800 « starter kit » distribués aux commerçants « pour les aider à redémarrer leur activité dans des conditions sanitaires optimales » et sous forme d’aide au loyer commercial.

Naturellement, c’est surtout par le biais de ces aides que le soutien se formalise le plus souvent. Comme d’autres, la Ville de Lyon suspend ainsi pour six mois le paiement des baux commerciaux qu’elle gère. Un peu partout, les terrasses sont aussi gratuites. D’autres dispositifs originaux, sous forme de bons d’achat, ont vu le jour. Très tôt, la Communauté de communes de Millau Grands Causses (12) a par exemple lancé, avec l’Agence Sésame, une plateforme solidaire où l’on pouvait commander des bons (hors grandes surfaces) dont le montant était doublé (jusqu’à 20 €) grâce à l’appui de l’interco, qui y consacrait 100 000 €. à Sénas (13), la Ville offre encore une dotation de chèque cadeaux aux commerces fermés pendant la crise (20 000 € au total). Il n’est pas rare non plus de trouver, à l’origine de ces dispositifs, des associations de commerçants soutenues par les collectivités. à Fougères (35), la plateforme soutien-commercants-artisans.fr permettait ainsi, pendant le confinement, d’acheter un bon à utiliser après le 11 mai – un apport non négligeable en trésorerie.

Au-delà des aides, pourtant, c’est sur l’engagement des consommateurs que les communicants tâchent de travailler en ce lendemain de crise. L’obsession : consommer local. Du 17 au 31 mai, CCI France et l’agence La Chose (Paris) ont dédié une opération nationale à cette proximité, avec quatre slogans aussi efficaces que « On ne peut plus se serrer la main mais on peut toujours se serrer les coudes ». Charge ensuite aux antennes régionales de décliner le message, comme la CCI Nice Côte d’Azur avec « #Jachète06etVous ? ». Consommer local, c’est enfin ce à quoi incitent les Régions et les Départements à travers différents dispositifs. Dès le début du confinement, l’Occitanie proposait la plateforme solidarite-occitanie-alimentation.fr, créé par Wonderful (Montpellier). La plupart des collectivités lui avaient vite emboîté le pas, à l’instar du Département de l’Hérault, qui s’engage sur les réseaux sociaux et à travers quatre affiches : « L’Hérault pour tous, Tous pour l’Hérault » ! Le monde d’après s’annonce local. Au moins le temps d’un été.

JÉRÔME TRICHET