Bibliothèque idéale

Le Président qui voulait être normal
Par Laurène Renaut

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«Comment la communication politique de François Hollande, fondée sur une articulation constante entre les concepts de normalité et de sacralité, loin de rompre avec les représentations traditionnelles de la figure présidentielle sous la Cinquième République, vient en renforcer les fondements?» Voilà résumés le ton et la teneur de la solide et (très) étayée démonstration de Laurène Renaut, doctorante en sciences de l’information et de la communication : bien plus qu’une formule creuse ou une lubie sans fond, la normalité revendiquée par le candidat Hollande dès 2010 et plus tard dénigrée par la contre-stratégie «jupitérienne» de son successeur a permis l’accession à l’élysée du Corrézien, puis a servi de boussole à son quinquennat, jusqu’à exploser en vol, paradoxalement, au moment de la publication de trois ouvrages de confidences en 2016. Heureux ou non, le concept mérite en tout cas assurément l’attention des chercheurs en communication politique. Et Laurène Renaut ouvre ici très bien le bal.

L’harmattan, 216 pages, 22€

  

Fragile pouvoir
Par Pascal Broulis

49-fragile En 262 anecdotes, Pascal Broulis, ministre des Finances en Suisse, propose un voyage dans le temps et dans l’espace. Où il est question de tirage au sort dans la démocratie islandaise, du droit d’ainesse tout juste aboli à Genève, d’astuces chinoises pour contourner la censure 2.0, de démocratie athénienne, etc. Un concentré de culture générale. 

Éditions Mon Village, 140 pages, 17€

  

Design musical et stratégie de marque
Par Michaël Boumendil

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Les célèbres quatre notes de la SNCF, le jingle Renault ou les sonneries des téléphones Samsung portent tous la même signature: celle de Michaël Boumendil. Qui mieux, alors, que le créateur de l’agence de design musical Sixième Son pour livrer cet essai consacré aux relations entre la musique et les marques ? L’auteur répond certes à des questions pratiques comme «Quel est le bon budget pour mon identité sonore?» mais, surtout il raconte des histoires, décrit et décrypte des réussites et des échecs, de Intel à la SNCF ou Michelin, à l’aune de son expertise. Vous n’avez pas perçu à quel point la disparition des Quatre Saisons de Vivaldi des standards téléphoniques était à la fois symbolique et symptomatique d’une nouvelle ère où l’usager a désormais une vraie acculturation musicale à faire valoir ? Vous vous demandez comment une identité sonore peut «faire la différence», comme promis par le soustitre? Lisez cet ouvrage passionnant ! 

Éditions Eyrolles, 216 pages, 26€.
 

Réussir sa démarche du marketing territorial
 Vincent Gollain

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De l’élaboration du diagnostic s’appuyant notamment sur la méthode Cerise Revait – détaillée par son auteur – à la mise en oeuvre sur le terrain à partir de choix stratégiques appliqués aux spécificités de chaque territoire, l’ouvrage du directeur du département économie à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Île-de-France, répertorie de façon pragmatique toutes les techniques utiles aux professionnels. Cette nouvelle édition recense quantité de bonnes pratiques issues d’exemples français et étrangers. Une boîte à outils indispensable aux territoires, aux profes- PARuTion sionnels et aux élus souhaitant mettre en oeuvre une démarche d’attractivité à leur échelle. Les expériences détaillées dans l’ouvrage donnent des bases de réflexion et d’action dont les territoires peuvent s’inspirer pour construire une démarche originale, efficiente et source de différenciation. 

Éditions territorial, 244 pages, 55€.

La Fin de la com’
Par Arnaud Benedetti48-lafindelacom

Il faut attendre le chapitre 4, aux deux tiers du livre, pour entrevoir le début d’une promesse honorée… La fin de la com’ ? Encore fallait-il en raconter le début. C’est ce que fait avec application et pédagogie Arnaud Benedetti dans cet ouvrage synthétique. Il se lit en deux heures. Parce qu’il se lit bien. à la manière d’un récit de voyage dans le temps et dans l’espace com’, d’une aventure qui promènerait son lecteur de Washington à Paris et où l’on croiserait alternativement Albert Lasker, à qui l’on doit «la genèse de la notion de marque», PAruTion Ivy Lee, l’inventeur du communiqué de presse et de la communication de crise, Edwar Bernays, qui comprend très tôt que rien ne se fait en politique sans «le consentement des peuples», et John Hill, qui imbriquera encore plus communication et institutions américaines. On lit aussi au gré des anecdotes que Jules César, avec La Guerre des Gaules, posa les bases du marketing politique. On (re)découvre enfin la façon dont Napoléon Bonaparte a instauré celles du “plan médias”. Un simple manuel pour étudiants ? C’est là que survient le chapitre 4. Le petit précis universitaire se mue alors en pamphlet. Après l’âge d’or de la communication, au sens noble du terme, il est question de crise de pouvoir (la com’ devient «un supplétif »), de désintermédiation, de crise de la décision. Les mandats de Jacques Chirac (qui aurait «abdiqué tout volontarisme pour se “lover“ dans l’esprit du temps»), Barack Obama («Un style suffit-il à construire une politique ?»), Nicolas Sarkozy (son gouvernement «se composait bien plus comme un tableau que comme une armée prête au combat ») et François Hollande (dans l’affaire Léonarda, «les spins et leurs écritures se sont effondrés sur eux-mêmes») sont particulièrement étrillés. Selon Arnaud Benedetti, la maîtrise de la communication, sous les coups de butoir des réseaux sociaux et des chaînes infos, a désormais glissé entre les doigts des politiques et de leurs équipes. Fin d’une époque. L’ouvrage a été rédigé en trois semaines ? Il en découle une réflexion déroulée avec une fluidité rare. Ce qui, vu le sujet, s’avère salvateur.

Éd. du Cerf, 96 pages, 8€, mars 2017 

Le numérique pour transformer la démocratie locale : une ambition 2020
Par Florence durand-Tornare et Pascal nicolle

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Le numérique pour transformer la démocratie locale : une ambition 2020 Par Florence durand-Tornare et Pascal nicolle Les Français s’approprient les technologies numériques : comment s’appuyer sur ce progrès indéniable pour animer son territoire ou leur redonner confiance dans la parole publique? La réponse en cent pages. Les encadrés «L’éclairage expert» ou «Bonnes pratiques» sont toujours d’un réel secours.

Territorial éditions, 108 pages, 52€, mars 2017

Com & politique, les liaisons dangereuses
Par Pierre-Emmanuel Guigo

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De la rigueur, du fond, d'abord et avant tout… mais aussi un peu de malice, comme en témoigne la dédicace : «à Michel Rocard, qui aurait détesté ce livre. à François Hollande, auquel il aurait été utile.» Lorsque le chercheur Pierre-Emmanuel Guigo s'attaque aux clichés sur la communication politique, c'est sur un ton pédagogue, informé, mais loin d'être pesant, et appuyé sur une connaissance théorique des plus sérieuses. Enseignant à l'université de Paris-Est Créteil et à Sciences Po, il examine le sujet au fil de dix questions, de «La communication politique a-t-elle remplacé la propagande ?» à «Faut-il être beau ou belle pour être élu(e) ?» en passant par «La communication politique doit-elle tout aux états-Unis ?». L’ouvrage n’apportera pas de révélations aux professionnels du secteur, mais c’est un intéressant exercice de vulgarisation, qui plus est agréable à lire.

Arkhé, 206 pages, 15,50 €, janvier 2017

Big ou bug data ?
Par Assaël Adary

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Voilà déjà plus de deux ans qu’Assaël Adary, cofondateur d’Occurrence (Paris), théorise les fondations d’un nouveau métier : datadéontologue (lire Brief N°29). Il y consacre d’ailleurs un blog (datadeontologue.com) et un module d’enseignement à l’Université Paris-Descartes, au Celsa Paris-Sorbonne et à Sciences Po. C’est donc fort logiquement qu’il propose enfin son manuel. L’ouvrage est conçu comme tel, avec force références historiques, cadre juridiques et autres conseils pratiques. à la fin de l’ouvrage, l’auteur décrit cinq cas exemplaires et… ce qu’aurait fait le datadéontologue, qui se méfie autant des superlatifs que des excès de preuves, en pareille situation. Enthousiasmant.

Editions du Palio, 160 pages, 16 €, février 2017

La communication politique
De Christian Delporte et Terreur Graphique

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Ils sont tous là ou presque : Barack Obama, Vladimir Poutine, Nicolas Sarkozy, Tony Blair, Dilma Roussef, Donald Trump, François Hollande, Silvio Berlusconi, John F. Kennedy… mais aussi Alaister Campbell, Jacques Pilhan, Gaspard Gantzer. Car plus qu’aux politiques eux-mêmes, c’est à leurs spin doctors et autres entourages que l’historien Christian Delporte et le dessinateur Terreur graphique s’intéressent dans ce quatorzième opus de la collection “La Petite bédéthèque des savoirs”, dont le principe est d’associer, sous l’égide de David Vandermeulen, un essayiste scientifique reconnu dans son domaine et un auteur de bande dessinée. Ils se penchent surtout sur leurs techniques : des premiers faits d’armes de l’Américain Joseph Napolitan au «post-truth» de Trump, en passant par la «météo» de Blair, l’hypovisibilité de Mitterrand ou le «block and bridge» de tout le monde, ce sont près de soixante ans d’histoire qui sont ainsi revisités. En fin d’ouvrage, les auteurs suggèrent quelques lectures (dont celle du Canard enchaîné, par exemple) ou autres visionnages pour approfondir ses connaissances. Ils font preuve d’une telle pédagogie dans cette BD très complète et parfois sarcastique qu’on peine à croire leur dernière assertion : «En dernier ressort, c’est le politique qui décide…» à la lumière de l’actualité politique, on se dit également qu’il manque sans doute quelques planches consacrées à la communication de crise. L’objet d’un autre volume ?

Le Lombard, 72 pages, 10 


La Communication
De Arnaud Benedetti et Priscille Rivière

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Encore un ouvrage sur le va-et-vient entre la com’ et la communication ? Certes, mais si tout est question de dosage, les deux auteurs, aux profils complémentaires, semblent avoir trouvé le bon. Le livre de Priscille Rivière et d’Arnaud Benedetti rappelle les fondamentaux historiques de la matière tout en se projetant vers l’avenir, promène son lecteur entre pratique et théorie, entre des chapitres aux allures de manuel très séquencé («La communication interne», «Les relations presse», «La communication de crise», etc.) et des parties plutôt construites comme un essai («à quoi sert la com?» «La communication à l’épreuve de l’éthique», etc.). Une mise à jour éclairante.

Economica, 152 pages, 17 €

Maîtriser sa communication publique numérique
De Franck Confino et Benjamin Teitgen

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«Il sera impossible de recréer de la confiance et du lien sans investir sincèrement le terrain du web social, ni développer fortement ses services numériques. La transformation est inéluctable et se fera avec ou sans vous, dans un sens ou un autre.» En deux lignes de leur préambule, Franck Confino, consultant en communication digitale, et Benjamin Teitgen, responsable information communication des ville et métropole de Rennes, expliquent en quoi la lecture de leur ouvrage leur paraît indispensable. Et à lui seul, le chapitrage de ce «dossier d’experts», très pédagogique et prétendant à l’exhaustivité, semble leur donner raison : les auteurs proposent de comprendre «le contexte», «les opportunités», «les risques» et «les métiers» avant de décrire les outils par le menu – de Facebook à Snapchat, en passant par Reddit ou Pinterest – et de conseiller assez finement des stratégies en la matière – des documents de cadrage à la mesure des performances. Et leur idée n’est pas tant de recueillir des remerciements que de convaincre les lecteurs de… faire circuler l’ouvrage «à tous les étages».

Territorial éditions, 150 pages, 62 €

On se fait un brief ?
De Ghislain D'Orglandes avec Aymeric Bourdin

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Vous réviez d’un ouvrage à la fois pratique, court, ludique, drôle et pertinent sur la rédaction d’un brief ? Remerciez Ghislain D’Orglandes, l’un des fondateurs de l’agence Twid, spécialisée dans le design, et Aymeric Bourdin, écrivain et directeur du cabinet Astrovia. Au terme de leurs riches échanges, les auteurs de On se fait un brief ? font le tour de la question et de son corollaire : comment s’entendre quand on ne parle pas la même langue ? Ils ont trouvé un subterfuge efficace, qui constitue l’approche originale de leur ouvrage : proposer une double entrée sur le brief, «ce moment essentiel de la relation client-créatif». Vous êtes créatif ? Prenez l’ouvrage à l’endroit. Vous êtes client ? Ouvrez-le à l’envers. Ou inversement. Vous êtes vraiment curieux et souhaitez vraiment aborder le sujet avec sérieux ? Lisez le tout ! Du téléphone qui sonne comme une bonne nouvelle au moment de la rencontre, de l’adaptation au client quand on est créatif aux proposition d’immersion, d’idées ou d’objectifs à formuler quand on est annonceur, les conseils s’amoncèlent, étayés par des cas d’école et des témoignages de professionnels reconnus comme Patrick Veyssière (Dragon rouge), étienne Robial (directeur artistique à Canal+), Joël Desgrippes (Brand Image) ou Frédéric Messian (Lonsdale). Et puisque l’ouvrage, très ciselé, vise à la praticité, chaque double page comporte une colonne intitulée «Et concrètement ?». Concrètement, un conseil pour chacun. Au client : «Commencez votre phrase par : “Ce qu’il faut réussir à traduire au travers de cette création, c’est...”» Au créatif : «Notez dans un petit carnet les mots et les expressions que votre client utilise et conservez-les pour les consulter régulièrement lors du processus de création.» Et il y en a mille autres.

Pyramyd éditions, 96 pages, 14,90 €

La Communication environnementale
De Thierry Libaert

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«La communication publique environnementale : un enjeu de développement durable pluriel et contingent» (par Dominique Bessières), «L’enjeu environnemental : une chance pour la communication» (par Gildas Bonnel) : deux exemples d’articles arbitrairement choisis pour montrer à quel point l’ouvrage dirigé par Thierry Libaert mérite sa place dans la bien nommée collection des Essentiels d’Hermès ! Entièrement inédit, il se penche, en revisitant les conférences internationales et autres controverses scientifiques, sur l’évolution de la communication environnementale, de sa naissance dans les années 1990, sous le coup de catastrophes écologiques à répétition, aux grandes déclarations officielles sans lendemain… On y trouve même une déclinaison «communication politique», via un article consacré aux «partis verts face à la menace de l’éco-lassitude» (par Nicolas Baygert et Cédric Hananel). Eclairant. 

CNRS Éditions, 274 pages, 8 €

Moi, président des couacs
De Joël Amar et Ziad Gebran

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Au moment où François Hollande lance l’offensive sur sa candidature à sa propre succession et, parallèlement, où de nouveaux ouvrages comme Un Président ne devrait pas dire ça, de Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Stock), mettent à mal une partie de sa stratégie de communication, la lecture de Moi, président des couacs peut s’avérer utile. Tous deux conseils en communication, Joël Amar et Ziad Gebran prétendent y dresser le bilan de la communication de François Hollande à l’élysée. Leur thèse est claire et annoncée d’emblée : de ce point de vue, le quinquennat est raté. «Il parle beaucoup, mais les Français n’impriment pas», écrivent les auteurs dès l’introduction. Perte progressive de crédibilité, mauvais choix, vie privée, entourages défaillants : les constats sont sévères mais étayés. Ils sont plus le résultat d’une synthèse et d’une revue de presse bien bâties que d’une enquête rondement menée auprès des protagonistes eux-mêmes ? C’est assumé : «Nous avons voulu prendre François Hollande au mot. Nous avons donc étudié le hollandais. Nous avons travaillé sur textes, à partir d’articles de presse, de quelques livres et des abondantes paroles publiques du président, sans exercice pratique de diction ou de conversation, ni stage linguistique de découverte ou d’immersion à l’Elysée.» Si le choix déroute un peu, laissant parfois l’impression que des Gaspard Gantzer, Claude Sérillon ou autres Aquilino Morelle auraient par exemple pu apporter quelques utiles précisions à leurs portraits, il allie l’original et l’originel : quoi de plus logique, au fond, que de juger la communication d’un président à la seule aune de ce qu’il a produit (les documents cités sont tous réunis sur le site participatif www.mediapicking.com), sans autre forme de droit de réponse ? Autre choix aussi troublant que revendiqué : l’ouvrage se lit d’autant plus facilement que les textes sont courts et astucieusement répartis selon 75 mots-clés («blagues», «storytelling», «SMS», «journalistes», «Loi travail», etc.) qui permettent une lecture zapping confortable – un «puzzle», selon les auteurs. Moi, président des couacs est, au final, une somme à charge qui doit certes se lire avec la distance qu’elle mérite, mais qui réussit la prouesse de tenir le lecteur en haleine… et à le faire sourire. Ce qui ne peut totalement signer l’échec de «Monsieur Petites blagues»…

Editions Kawa, 206 p., 21,95 €

Les Carottes râpées de Fabius
(et autres bourdes de com’ des politiques)
D’Alain Cayzac et Guillaume Evin

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Besoin d’une mise en bouche avant la présidentielle ? Le journaliste Guillaume évin et le publicitaire Alain Cayzac,  cofondateur de RSCG, proposent «une anthologie des plus belles bourdes  de la part de celles et ceux qui passent leur temps à se prendre les pieds dans le tapis de la communication politique» – «avec une mention spéciale, ajoutent-ils, pour deux d’entre eux, parmi les principaux multirécidivistes : François Hollande  et Nicolas Sarkozy». Sont répertoriées, décortiquées et commentées 42 «fautes de com’» s’étalant sur les quarante  dernières années, des scènes grotesques comme celle d’un Nicolas Sarkozy  se faufilant pour s’inviter sur la photo du 11 janvier 2015 aux sorties inélégantes, à l’instar du «usé, vieilli, fatigué» de Lionel Jospin. Surtout, Alain Cayzac distribue les bons et les mauvais points, façon juge impartial. Avec une sévérité parfois déconcertante. Nicolas Sarkozy fêtant sa victoire au Fouquet’s puis sur le yacht de Vincent Bolloré ? 10 ans ferme ! Jean-François Mattéi interviewé en polo pendant la canicule ? Même  tarif. Fleur Pellerin incapable de citer le titre d’un ouvrage de Patrick Modiano ? «Perpète». Mais le publicitaire et le journaliste font aussi parfois preuve d’une indulgence un poil désarmante. Voire, ils cultivent l’art du contre-pied :  «La «bravitude» n’est surtout pas une  boulette, écrivent les auteurs. C’est une trouvaille. Une perle.» Valéry Giscard  d’Estaing est acquitté dans le procès de l’«au revoir» de 1981. François Hollande reçoit même les  félicitations du jury pour avoir répudié Valérie Trierweiler par communiqué ! Guillaume évin et Alain Cayzac avaient prévenu en introduction : les politiques ont souvent de nombreuses  circonstances atténuantes à faire valoir, à commencer par leur méconnaissance de la matière et la faiblesse de leur  entourage du quotidien. L’ouvrage  est drôle, ciselé, bien écrit, pertinent  et impertinent à la fois. Voilà, quoi qu’on en pense, une lecture qui détend.
La Martinière, 256 p., 15 €

Le premier secrétaire  de la République
De Cyril Graziani

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Chronique sans concession du quinquennat de François Hollande, l’ouvrage de Cyril Graziani, grand reporter au service politique de France Inter, ne trouverait pas sa place dans ces pages s’il n’y était, signe des temps, très largement question de communication. L’auteur y décrit notamment un président à la lutte pour  défendre ses réformes auprès de l’opinion publique. Il se montre également sévère sur la stratégie présidentielle, élaborée par Gaspard Gantzer depuis avril 2014. Les réseaux sociaux rendent dubitatifs quelques membres  de son entourage : «Ils l’ont mis sur Snapchat, Instagram, et même sur Vine…  Tu en fais passer des messages, en six secondes ? Et pourquoi pas Tinder ?» Extrait parmi d’autres, plus violents vis-à-vis de Gaspard Gantzer, qui illustre l’une des thèses du journaliste : «Et si  le plus gros défaut de François Hollande en 2016, c’était son communicant ?»
Fayard, 270 p., 18 €

Le procès de la communication
De Thierry Wellhoff

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Il fallait le faire ! Non que consacrer quelque 200 pages à la réhabilitation  de la communication, dans un monde où elle est torpillée de toute part et à tout moment, soit une entreprise follement originale… Mais mettre en scène, littéralement, son procès, de l’acte d’accusation au verdict, en passant par l’instruction et le réquisitoire, il fallait oser ! Et veiller à ne pas essouffler le lecteur  ni risquer d’épuiser les arguments de défense au milieu d’une telle littérature, écueils que Thierry Wellhoff, en auteur et communicant aguerri, sait contourner grâce à une verve scintillante et une plume très soignée. Le  patron de Wellcom convoque à la barre quelques éminents témoins, comme Gaspard Gantzer, communicant  en chef à l’élysée, le journaliste Franz-Olivier Giesbert ou le patron d’Orange Stéphane Richard. Il imagine des entretiens privés, consacrés  à l’amitié et aux réseaux sociaux, entre l’avocat de la défense et le procureur. Il profite d’une «suspension de séance» pour se pencher sur le rôle de la communication dans le sport. Il développe, argumente, peaufine, dénonce… mais jamais ne donne un verdict. Faut-il en  finir avec la communication ? Le lecteur-juré est invité à se prononcer en ligne, sur leprocesdelacommunication.com. Oui, il fallait le faire…
Les Belles lettres / Manitoba, 201 p., 21€


Communication : pourquoi le message ne passe plus...
De Bernard Emsellem

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De quoi l’expression «C’est de la com’» est-elle le nom ? Délibérément dévastatrice, elle symbolise un constat devant lequel Bernard Emsellem, ancien président de TBWA Corporate, dircom de la SNCF et président de l’association Communication publique, entend ne pas abdiquer : «le message  ne passe plus» ! Et plutôt que de persévérer dans cette voie, l’auteur conseille une autre approche, moins verticale et plus efficace — qu’il détaillera en septembre prochain dans une interview à Brief. Eclairant.
Editions François-Bourin, 280 p., 24 €

Le Contre-manuel de la politique
De Matthieu Verrier

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Saviez-vous que Georges Frêche, ancien maire de Montpellier et président de la Région Languedoc-Roussillon, avait rendu hommage à François Mitterrand en donnant son nom à un placard à balais de l’hôtel de Région ? Et vous souveniez-vous du conseil littéraire de Frédéric Lefèbvre, secrétaire d’état au Commerce en 2011, qui aimait se replonger dans «Zadig et Voltaire» ? Ce sont tous ces petits «faux pas», ces provocations, ces dérapages plus ou moins futiles, plus ou moins essentiels mais toujours signifiants et (trop ?) commentés que Matthieu Verrier, collaborateur de La Voix du Nord, de La dépêche du Midi et de CourrierCab, recense pour quiconque envisage de «flinguer sa carrière» en politique. Un ouvrage à la fois ludique et enrichissant, qu’une mise en page élégante et graphique rend tout à fait agréable. Rare, en fait.
Tana éditions, 124 pages, 11,95 €

La politique au quotidien39 Couv-politique-quotidien
De Laurent Godmer et Guillaume Marrel

«Que font exactement les femmes et les hommes politiques ?  Comment s’organise leur quotidien ? En scrutant leurs agendas, les universitaires Laurent  Godmer et Guillaume Marrel  y répondent au prix d’un véritable travail de fourmi. Exhaustif sans être ennuyeux.

Les deux corps du président
De Juliette Charbonneaux

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«C’est politique». En trois mots, les médias généralistes, des chaînes nationales à la presse “de référence”, évacuent désormais toute tergiversation : la vie privée du président de la République, ils peuvent la relater. Docteure en sciences de l’information et de la communication, maître de conférence au Celsa, Juliette Charbonneaux dissèque ce processus d’effacement progressif des frontières entre “les deux corps du président”. Affaire Trierweiler, croissants et scooter… L’ouvrage revisite le quinquennat de Hollande et s’interroge donc sur ce paradoxe : dans quelles mesures les médias ont-ils participé à une désacralisation qu’eux-mêmes dénoncent ?
Les Petits matins, 14€, 128 pages

Les Gourous de la com’ dérapent 
D’Aurore Gorius et Michaël Moreau

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Vous avez aimé Les Gourous de la com’, publié pendant la campagne présidentielle de 2012 ? Vous adorerez la suite. Dans Les Gourous de la com’ dérapent, Aurore Gorius et Michaël Moreau racontent les nouvelles aventures de leurs héros préférés : les spin doctors des décideurs, politiques ou économiques, ceux qui ont la main sur leur image. Le contexte, pourtant, n’est plus le même que dans le premier opus. L’affaire Bygmalion ou les déboires de Jérôme Cahuzac ont fait tomber la profession en disgrâce. Les ratés spectaculaires comme la séquence Léonarda en ont tristement fait la risée des observateurs. Si bien qu’officiellement, les grandes agences de publicité n’ont plus de “comptes politiques”. Pourtant, apprend-on, quand Manuel Valls s’apprête à être nommé à Matignon le 29 mars 2014, son ami Stéphane Fouks, coprésident d’Havas Worldwide, est déjà dans son bureau pour distiller ses conseils d’embauches. «Grandeur et décadence des conseillers de l’ombre», annoncent les auteurs en sous-titre de leur ouvrage. Ils montrent surtout, à la faveur de près de 70 entretiens avec des acteurs de premier plan (dont un certain Jean-Marc Ayrault) que c’est leur image qui a changé. Pas leur influence.
Fayard, 19 €, 378 pages

Fédérer comme Mandela
De Guillaume Pigeat  et Anne Vermès

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«Ce qui ancre tous mes rêves, c’est la  sagesse collective de l’humanité.» Madiba distille de quoi inspirer, c’est peu dire. Nelson Mandela peut même guider  les pas du manager que tout dircom ou patron d’agence est devenu. C’est  en tout cas le pari des auteurs de cet ouvrage surprenant. Parce que le leader de l’ANC, en son temps, a su inspirer confiance, faire preuve d’une empathie légendaire, écouter, maîtriser ses émotions, pardonner,  négocier, synthétiser pour générer, après l’apartheid, ce qu’il est convenu d’appeler «le miracle sud-africain» – que même les pourfendeurs du pouvoir actuel reconnaissent. Dans la collection «Histoire et Management» («Influencer comme Gandhi», «Négocier comme Chrurchill», etc.), les auteurs suivent toujours la même progression : d’abord raconter «le leader du passé face  à ses défis», ensuite analyser «les actes fondateurs de leur management», enfin  résumer «les moyens de réussir», «tirer le fil entre passé et futur», entre le héros d’hier et… le dircom d’aujourd’hui, par exemple. à chaque fin de chapitre sont ici distillés «Les bons conseils  de Mandela». Le lecteur est aussi invité à noter les deux «pépites» qu’il aura retenu du chapitre. Si la démarche peut faire douter au premier abord, elle l’embarque finalement dans une autoscopie captivante et lui permet au passage  de redécouvrir l’immense œuvre de Mandela – ce qui n’est jamais une perte de temps.
Eyrolles, 18 €, 140 p.

Petit traité  de propagande à l’usage de ceux qui la subissent
Par Étienne Augé

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Chapitre 1 : «Qu’est-ce que la propagande ?» On le comprend d’emblée :  ce «petit» traité pas si petit abordera les choses dans l’ordre, sérieusement  et exhaustivement. Voilà un ouvrage universitaire fort bien documenté, qui propose par exemple un inventaire des techniques de propagande plutôt captivant, exemples à l’appui : l’effet «boule de neige», l’opprobre, le transfert, le choix truqué, le mythe de l’âge d’or, les mots magiques, le bouc émissaire, etc. «En aucun cas, on ne saurait considérer ces techniques comme des recettes  magiques prêtes à l’emploi à l’attention d’un apprenti-propagandiste», met  en garde étienne Augé, senior lecturer en communication internationale  à l’Université Erasmus de Rotterdam, non sans d’autant plus allécher le  lecteur. Les études de cas qui suivent empruntent à l’histoire, de l’Allemagne hitlérienne à l’état islamique, en passant par le placement de produit (oui, oui) ou la «coca-colonisation» américaine. Impossible, au final, d’échapper à toute propagande ? Difficile en effet, concède l’universitaire, qui rappelle toutefois tout au long de l’ouvrage qu’elle «n’est pas nécessairement négative et répond  au final à un besoin humain». Il livre in fine quelques clés pour se prémunir de ses effets non désirés. Et il donne  matière à réflexion, en un temps  où la frontière entre com’ publique  et propagande est si souvent déplacée. Voire allègrement franchie.
De Boeck Supérieur, 24,50 €, 2e édition, 256 p.

Organiser et réussir vos événements
Par Damien Masset

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Damien Masset a du métier. Patron d’ICO depuis 1998, il coordonne à ce titre les Nuits de feu à Chantilly (60) ou l’Armada à Rouen (76). Régisseur général de Paris Plages depuis 2007, partenaire de la candidature française pour l’exposition universelle de 2025, il livre quelques unes de ses recettes dans cet ouvrage méthodologique pratique et loin d’être pollué par de trop longs verbiages analytiques. Tout est succinct, voire télégraphique. «Identifier les besoins, travailler le concept, anticiper les imprévus, réaliser l’événement», annonce le sous-titre. En dix étapes (avec une check-list proposée à chaque fin d’étape, à remplir avant de passer à la suivante), quinze fiches pratiques (téléchargeables), un quizz et un glossaire, le professionnel accompagne son lecteur dans la préparation du jour J. Identification des besoins, élaboration du cahier des charges, sélection des prestataires, etc. : pour les gros ou les petits événements, Damien Masset donne des clés de réussite. Pas des gages, mais des pistes précieuses.
Gereso Edition, 18€, 142 p. (2015)

Com’une histoire
Par Claire Moriset

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160 ans d’histoire, rien que ça ! En autant de pages et armée d’un style un poil universitaire (un gage de rigueur et de longueurs à la fois), Claire Moriset raconte «l’émergence et la structuration de la communication dans les organisations», comme le promet le sous-titre de son ouvrage. Des premières annonces publicitaires dans la presse au début du XIXe siècle à l’appropriation de la communication par le monde associatif, en passant par les premiers spots télévisuels et les lois Auroux, elle montre la cohérence et l’imbrication d’une matière dont les fondations se trouvent aussi bien en Europe qu’outre-Atlantique. Si la communication publique n’est pas le sujet du livre (hormis sur quelques pages), la synthèse ne manque pas d’intérêt. Ses nombreuses annexes non plus qui, du taylorisme à la pyramide de Maslow, de la campagne présidentielle de Jean Lecanuet en 1965 à la loi Sapin de 1993, fournissent une vingtaine de fiches pratiques et efficaces. Un seul gros défaut : le manque de visuels, que même l’auteure regrette, évoquant des difficultés d’ordre juridique et financier alors que «beaucoup de ces affiches sont accessibles sur la toile».
éd. Campus Ouvert, 18 €, 170 p. (2015)

Tous orateurs !
Par Hervé Biju-Duval et Cyril Delhay

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«On ne naît pas orateur, on le devient. En travaillant.» La première demi-ligne de cet ouvrage sous-titré Convaincre – négocier – s’affirmer au quotidien annonce la couleur : les besogneux peuvent faire confiance aux auteurs. Ils leur expliquent les «20 fondamentaux de la prise de parole» (trouver sa voix, rythmer son intervention, s’ancrer dans le sol, avoir une respiration pleine, etc.) et passent ensuite «20 situations à la loupe» (négocier, féliciter, participer à un débat, se présenter, etc.). La lecture de Tous orateurs ! n’en est pas laborieuse pour autant. Au contraire. étayée, émaillée de schémas très pédagogiques, égayée par de nombreux exemples (les débats Obama-Romney de 2012, Hollande et le président «normal», etc.) et témoignages (d’Ali Baddou, Jean-Michel Jarre, Alain Souchon, Anne Roumanoff, Jean-Pierre Mignard, etc.), elle s’avère aussi rapide qu’éclairante. Plus qu’un manuel, mieux qu’une méthode, ce livre aide avant tout à mieux se connaître soi-même. Un fondamental pour s’améliorer à l’oral sans doute…

éd. Eyrolles, 20 €, 240 p. (2015)

Toute la fonction communication
de Aude Riom, Assaël Adary et Thierry Libaert

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«Toute» la fonction communication ! Le projet était pour le moins ambitieux. Le défi est relevé, l’ouvrage exhaustif. Certaines parties, très corporate, pourront être vite lues. Mais d’autres chapitres, comme ceux consacrés à la communication non marchande ou à la communication de crise, méritent une lecture attentive. L’ouvrage commence sans doute à dater mais, clair, peut s’avérer pratique.

Dunod, 40,60 €, 402  pages

Réseaux sociaux, entre médias et médiations
Coordonné par Serge Agostinelli et Olivier Le Deuff

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«Des espaces à méditer plutôt qu’à médire» ! Pour les auteurs, les réseaux sociaux ne sont pas un choix. Il reste à les comprendre et les dompter. La lecture – ardue – de cette publication y aide, à travers plusieurs expériences et analyses. Débutants s’abstenir.

PU Bordeaux, 25 €, 312 pages

Acteurs de la communication des entreprises et organisations
Dirigé par Valérie Lépine, Christelle Millet-Fourrier et Fabienne Martin-Juchat

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Il n’est, ici, pas seulement question de communication publique. Mais Christelle Millet-Fourrier s’interroge sur la communication «glocale», Christine Barats sur les changements d’identité des universités d’Île-de-France ou encore Olivier Galibert sur la montée en puissance du community management…

PU Grenoble, 21 €, 272 pages

Ecrire un discours
de Alexandre Fresse

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Tout est dans le titre. Et tout est dans le livre, de la définition du message à la construction du discours, en passant par le style ou les différents types d’argumentations. Le tout est bien sûr destiné aux élus, mais surtout à leur plume – métier auquel est consacrée toute la dernière partie. En bonus : trois discours de référence en annexe, dont le I have a dream, de Martin Luther King.

Territorial, 30 €, 122 pages

Vade-mecum de la communication territoriale
de Bruno Cohen-Bacrie

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«Lancer une consultation sur un territoire», «Rédiger des courriers efficaces», «Rédiger des communiqués de presse efficaces et percutants», «Être à la fois responsable de la communication et directeur de cabinet», etc. En 66 fiches, le dircom d’échirolles répond efficacement à autant de questions. Seule la date de la dernière édition – six ans déjà ! – rend obsolète quelques réponses.

Editions du Puits Fleuri, 29 €, 480 pages

Attractivité et compétitivité des territoires
dirigé par Lise Bourdeau-Lepage et Vincent Gollain

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Voici le dernier ouvrage de référence consacré au marketing territorial et à la compétition entre les territoires ! Le rôle des marques ou de l’identité, les tendances et nouvelles pratiques, l’arrivée des entreprises, l’apport du 2.0… Dix experts, de Joël Gayet à Christophe Alaux et Maeva Chanou, proposent leur éclairage sur chacun de ces enjeux. Une vingtaine d’expériences sont ensuite décortiquées, entre Provence, Bretagne et Nouveau Grand Paris. Les sagas racontées dans cette deuxième partie se lisent comme un roman. Ou se picorent avec appétit.

CNER, 30 €, 208 pages.

Construire une ville participative en 10 questions
de Grégoire Milot

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A quoi sert la concertation ? Comment la préparer ? Que faire après ? Dix questions, autant de réponses. C’est concret, c’est court, c’est clair. Point de détails ou d’exhaustivité, certes, mais «l’Essentiel» du sujet est traité, comme le promet le nom de la collection. Seule la date de parution de ce petit précis finira par affaiblir le propos, dans un secteur où les TIC apportent toujours de nouvelles solutions.

Territorial éditions, 29 €, 106 pages.

Communication et débat public : les réseaux numériques au service de la démocratie ?
Coordonné par Béatrice Vacher, Christian Le Moënne et Alain Kiyindou

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Quel est l’apport des sciences de l’information-communication à l’enrichissement des débats publics ? Cet ouvrage, qui réunit des contributions extraites du XVIIIe congrès de la Société française des sciences de l’information et de la communication, à Rennes, en 2012, tâche d’y répondre. L’utilisation des sondages à l’occasion de la présidentielle de 2012, l’apport de la contestation anti-OGM dans le Gers, l’aventure de Désirs d’avenir au Parti socialiste, etc. : les sujets sont aussi variés que les approches… scientifiques.

Editions L’Harmattan, 49 €, 551 pages.

Les 100 premiers jours d’un(e) dircom
de Assaël Adary et Jean-Jacques Salomon

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Dans la foulée des municipales de 2014, Assaël Adary et Jean-Jacques Salomon livraient leurs conseils aux nouveaux dircoms. Ils n’ont pas vieilli.

Editions du Palio, 21,50 €, 192 pages.

Le nouveau guide de la communication interne
de Paul Constans et Fabrice Jobard

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De la place de la communication interne dans l’organigramme à son rôle en période de crise, en passant par l’élaboration du plan de com’, ce livre dépeint les multiples facettes de son sujet.

Territorial éditions, 60 €, 98 pages.

Le Médiasig
de Fabrice anguenot, Joël Clérembaux et Fabrice Jobard

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«L’essentiel de la presse et de la communication». Tout est dans le sous-titre de ce qui est devenu, en 40 ans, une institution et un compagnon – d’autant que le Médiasig donne accès, en ligne, aux listes de contacts actualisées en permanence.

DILA, 47 €

Je prends mon poste de... responsable de la communication
de Fabrice anguenot, Joël Clérembaux et fabrice Jobard

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«Connaître le cadre de l’action territoriale», «Gagner la confiance de tous», «Adapter son comportement»… Les chapitres sont aussi concis que clairs, l’ouvrage d’autant plus indispensable qu’il est encore tout chaud.

Territorial éditions, 19,90 €, 106 pages.

Marketing mobile et communication publique
de Florence Jacob

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SMS-MMS, site web mobile, application embarquée, NFC, géolocalisation, codes 2D, rendering, lecture augmentée, etc. Du chinois ? Cet ouvrage présente les avantages, inconvénients, coûts et modes d’emploi de toutes les technologies mobiles aujourd’hui à la disposition des collectivités. Un chapitre est en outre consacré au management interne via mobile. Surtout, Florence Jacob distille nombre de conseils stratégiques au personnel politique : le mobile pour gérer son image au quotidien, le mobile en campagne préélectorale, le mobile en marketing touristique, etc. Enrichi de nombreux QR codes, forcément, d’un glossaire de trois pages, d’une boîte à outils et de nombreuses illustrations, son livre explore tout le spectre de la matière, de l’enjeu du géotaggage à la rédaction d’un cahier des charges ad hoc.

Territorial éditions, 69 €, 106 pages.

1 200 logos secteur public
dirigé par Nicolas Marc

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Villes, Départements, marques de territoire, Régions, EPCI, agences de communication... Le logotype «secteur public» décliné en 1 200 exemplaires ! Préfacé par Bruno Scaramuzzino, ce carnet de tendances constitue un précieux outil de travail et une vraie source d’inspiration.

Brief-MC Médias, 34 €, 170 pages.

Les règles de la communication publique locale
de Dominique Pipard-Thavez

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Une troisième édition de cet ouvrage est à l’étude, qui devrait sortir d’ici au printemps prochain «compte tenu des modifications législatives et réglementaires en cours», explique t-on chez Victoires éditions. La loi NOTRe ou la loi sur le numérique, par exemple, pourraient alors enrichir, directement et indirectement, le contenu de cette somme claire et complète. Du droit de la presse aux règles relatives au respect de la vie privée, des droits d’auteurs à la législation régissant les passations de marchés publics, elle répond – sans toutefois prétendre les approfondir – aux principales questions d’ordre juridique d’un dircom public. Très pratique.

Victoires éditions, 21 €, 282 pages.

Communication de crise
de Muriel Jouas

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Des ouvrages sur la communication de crise, il en existe des dizaines. Mais celui-ci est unique en son genre. Muriel Jouas fait découvrir à son lecteur la Process Com, qui s’appuie notamment sur deux pilliers : «la façon dont sont dites les choses compte plus que leur contenu» et «nous disposons en nous de chacun des six types de personnalité (empathique, travaillomane, persévérant, rebelle, rêveur et promoteur)». Son ambition : lui permettre de s’emparer du facteur humain en situation de crise. Mieux vaut certes respecter le déroulé de l’ouvrage pour s’imprégner des différents concepts, mais ceux-ci sont bien illustrés et résumés de façon méthodique. Muriel Jouas attise à tout le moins la curiosité. Et si elle insiste sur le danger de mettre les personnes dans des cases, il est bien difficile, à la lecture de sa prose, de ne pas chercher en permanence à s’auto-analyser.

Editions Gereso, 25 €, 254 pages.

Médias et territoires : l’espace public entre communication et imaginaire territoriale
dirigé par Jacques Noyer, Bruno Raoul et Isabelle Pailliart

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Cet ouvrage universitaire réinterroge les notions d’image de marque des collectivités, de segmentation de la communication publique et d’imaginaire territorial. Il met en perspective le lien entre espace public et territoire et – c’est sa vocation première – le rôle du traitement médiatique local dans la perception du territoire. Les textes s’avèrent parfois jargonneux et les concepts assez abstraits. Les lire les uns après les autres – avec de longues pauses réflexives – aide pourtant à prendre un recul sans doute salutaire.

PU du Septentrion, 24 €, 286 pages.

La Communication publique et territoriale
de Dominique Mégard

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Ce livre est devenu un “classique”. Dominique Mégard fait le tour de son sujet en moins de 130 pages claires et bien structurées, et en alliant subtilement, au fil des chapitres, les phases de présentation et de réflexion. Particulièrement utile à tous ceux qui découvrent ce domaine d’activité, comme à ceux qui souhaitent “rafraîchir” leurs connaissances.

Dunod éditions, 9,80 €, 128 pages.

La Boîte à outils du responsable communication
de Bernadette Jézéquel et Philippe Gérard

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Quatre ans après sa première édition, cet ouvrage a donné plus de place aux médias sociaux dans sa mouture de 2012. Il s’adresse essentiellement aux dircoms d’entreprise, mais sur les 58 outils proposés, quelques-uns s’avèrent bien utiles aussi aux dircoms publics !

Dunod éditions, 26,50 €, 192 pages.

La Mutation du métier de communicant public
Coordonné par Annick Monseigne et Geneviève Guilhaume

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Explosion des médias sociaux, mouvements incessants de décentralisation-mutualisations, impératif délibératif pour toutes les collectivités, «nouveau management public», etc. Le métier de communicant public évolue. «Peut-on évoquer le terme de mutation ou bien le changement annoncé serait-il plus une utopie, voire une idéologie qu’une réalité ?» Vingt-six universitaires tentent de répondre. Ils explorent les plateformes numériques d’échanges et les différents dispositifs délibératifs, ils observent la démocratisation de l’action publique, la communication des bibliothèques, des universités, etc. Des spécialistes comme Dominique Mégard ou Didier Rigaud, y vont même de leur propre panorama.

PU Bordeaux, 25 €, 226 pages.

Communicator
de Assaël Adary, Thierry Libaert, Céline Mas et Marie-Hélène Westphalen

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La septième édition sort tout juste de l’imprimerie… S’il n’est pas dédié à la communication publique mais bien à la communication d’entreprise, l’épais Communicator demeure une référence et ne manque pas d’inspirer de plus en plus de réflexions dans la profession.

Éditions Dunod, 26 E, 688 pages.

Communication
Coordonné par Olivier Aïm et Stéphane Billiet

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«Seule une approche réflexive qui interroge sans cesse les pratiques et les discours permettra (au pratiquant) d’être toujours juste et pertinent.» En multipliant les focus et les cas concrets, dans un manuel digeste et bien chapitré, Olivier Aïm, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication au Celsa, et Stéphane Billiet, patron de l’agence We agency, tâchent d’aider le lecteur à honorer le défi qu’ils lui fixent en conclusion. L’ouvrage, réunissant seize auteurs, est avant tout destiné aux étudiants. Il est construit pour eux, émaillé çà et là de QCM permettant de vérifier les acquis et de diverses clés de compréhension. Les professionnels y trouvent, eux, une remise à niveau pas désagréable, quelques réflexions bien senties (sur le rôle des journalistes sur les réseaux sociaux, sur l’anthropologie communicationnelle, sur la confusion entre espace marchand et espace public, etc.) et un descriptif pour le moins actualisé de notre société (le livre sort tout juste de presse).

Éditions Dunod, 26 €, 290 pages.

Communication de crise et collectivités territoriales
de Jean-François Cancel et Christophe Laloux

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C’est la crise ? La collectivité en est parfois directement responsable, parfois non. Mais elle doit réagir. Cet ouvrage l’y aidera. Les typologies des différentes crises que peuvent connaître les collectivités y sont décrites, les manières de les anticiper puis de bien communiquer le cas échéant aussi. Comment «gérer» les médias ? Quel rôle les réseaux sociaux doivent-ils jouer ? Comment installer une cellule de crise ? Ce Dossier d’experts entend répondre, de façon exhaustive, à toutes les questions posées en temps de crise. Ses encadrés «points de vigilance» et les interviews de dircoms publics et d’élus qui ponctuent l’ouvrage sont un “plus” incontestable. à lire en amont. Avant la crise…

Territorial éditions, 59 €, 98 pages.

Réussir son journal municipal
de Thierry Saurat et Luc Renac

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Assistant aussi pratique que pédagogique, ce guide accompagne le professionnel depuis la conception du projet éditorial jusqu’à l’achat d’une photo. Réussir son journal municipal propose aussi une réflexion sur le rôle de cette drôle de presse, dont la responsabilité doit être à la mesure de son objet même : elle incarne le premier geste d’une administration envers son administré. «Il s’agit de trouver un juste langage pour créer du commun, explique Thierry Saurat à Brief. Cela nécessite courage, confiance et compréhension de son environnement.» Il va même plus loin : «Notre presse n’est pas inféodée à la logique médiatique. Nous ne sommes pas obligés de donner la parole aux acteurs clivants. [...] Nous sommes une presse positive qui prend le temps d’expliquer les choses.» L’ouvrage se permet enfin, sur nombre de questions, de prendre partie. Sortir les élus du bulletin ? «Un choix contestable.» Rendre compte du conseil municipal ? Le genre paraît «peu adapté à la presse de l’institution». Thierry Saurat et Luc Renac donnent des clés, font des choix, expliquent leurs renoncements. Une liberté de ton qui, avec les nombreux exemples concrets, rend la lecture de leur synthèse aussi instructive qu’agréable. Ce que l’exercice ne rendait pas d’emblée évident…

Territorial éditions, 59 €, 114 pages.

Sauver la communication
de Dominique Wolton

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Un livre pour redonner la foi ! Après Penser la communication en 1997 – et de nombreux autres ouvrages, le sociologue signe ici un essai qui fait du bien au communicant en mal de complaisance et en manque d’inspiration pour défendre ce qu’il sait être intrinsèquement bon : la communication, son métier, voire sa passion. L’auteur s’emploie à démontrer qu’elle est «un concept démocratique et humaniste, dans la même veine que ceux de liberté, d’égalité, de fraternité». On n’est pas obligé d’aimer Dominique Wolton – aujourd’hui conseiller en communication. Ni d’ailleurs d’être d’accord avec lui. Mais on ne peut pas détester le lire.

Flammarion, 8,20 €, 226 pages.

Guide de la concertation locale (Pour construire le vivre-ensemble)
de Gilles-Laurent Reyssac, avec Christian de la Guéronnière

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Enrichie des dernières actualités réglementaires, la nouvelle édition de ce Dossier d’experts très complet consacre toute sa première partie à l’héritage historique, aux exigences de la modernité et aux influences extérieures qui façonnent la concertation «à la française». Une belle (et sans doute nécessaire) entrée en matière avant d’aborder, dans le détail, les conseils pratiques des auteurs, dont le statut de spécialiste ne prête pas à débat. Le manuel, car c’en est bien un, propose également une trentaine de fiches pratiques. Ce qui rend l’investissement, au final, tout à fait rentable…

Territorial éditions, 59 €, 124 pages.

Storytelling (La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits)
de Christian Salmon

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Parce qu’il faut avoir lu les ouvrages qui font école pour les uns, contre-école pour les autres et en tout cas débat, il n’est pas insensé de relire Storytelling. Le sociologue Christian Salmon y décrit la façon dont l’art de raconter des histoires a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant. Il est question de hold-up, d’“infotainment”, de formatage, d’armes de destruction massive, de spin doctors, de Georges W. Bush ou de Nicolas Sarkozy. Christian Salmon propose une plongée au cœur d’une matrice qui, selon lui, a supplanté la raison des peuples. à défaut de convaincre tous ses lecteurs, son propos est pour le moins étayé.

Editions La Découverte, 9,50 €, 252 pages.

Répondre à l’interview d’un journaliste (Guide de média-training)
de Eric Coutard

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«N’ayez pas peur !» Journaliste aguerri et formateur au CFPJ, l’auteur invite ici à aborder l’interview avec enthousiasme, à ne plus craindre le piège, à ne pas voir un ennemi en chaque journaliste. Ce qui change un peu. La condition ? être bien préparé à l’exercice et ouvert à l’adaptation. éric Coutard propose des chapitres courts, des paragraphes digestes et bien écrits, des exemples bien sentis, parfois drôles. Son livre ressemble à ce qu’il est : un manuel très pédagogique – en 18 parties et 74 chapitres ! On y apprend aussi bien ce que le corps doit montrer que ce que valent le off ou l’accord préalable. On y appréhende surtout mieux les journalistes, qui n’ont pas pour vocation «de vous aider à diffuser votre communication telle que vous l’avez envisagée». Un outil indispensable pour tout dircom ou chargé de relations presse en quête de clés de compréhension…

Editions CFPJ, 28,50 €, 304 pages.

La Communication des collectivités locales
de Dominique Mégard et Bernard Deljarrie

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Ceux qui ne l’ont pas déjà en rayon vont devoir l’emprunter aux confrères ou se tourner vers les bibliothèques locales : l’ouvrage est épuisé et l’éditeur n’envisage pas de troisième édition. Mais cette mini-bible vaut l’effort. Dominique Mégard et Bernard Deljarrie, les deux visages du réseau Cap’Com, y rappellent les bases d’un jeune métier, de la communication en période électorale à la communication interne, de la “Com’fi’” au développement durable. Tout y est succint, voire (trop ?) sommaire. L’histoire de la communication des collectivités locales y est aussi résumée en dix pages. Seul l’âge avancé de cette synthèse (6 ans, une éternité !) rend quelques passages obsolètes et quelques projections rétrospectivement amusantes.

Lextenso éditions (2e édition), 9,50 €, 122 pages.

Les Collectivités territoriales en quête d’identité
Coordonné par Henri Boyer et Hélène Cardy

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Ce livre-là vieillira bien. Parce qu’il raconte des histoires, des petites histoires de constructions identitaires ou de corrections d’identités mal vécues. Celle des Côtes-du-Nord qui devenaient les Côtes d’Armor il y a 25 ans, celle des langues de la région Rhône-Alpes ou de la patrimonialisation de la grotte Chauvet, en Ardèche. Des histoires qui font école et dont l’analyse aide à comprendre, par exemple, la quête de “plus-value toponymique” des futures nouvelles régions. Des histoires, surtout, toujours émaillées d’anecdotes croustillantes. Ainsi ce rapporteur du Conseil d’état qui, en 1956, voit d’un mauvais œil l’adjectif «Atlantique» que le conseil général de Loire-Inférieure entend adopter : «C’est là qu’est le danger : nom publicitaire. Il y aura des départements d’azur ou d’émeraude.» La lecture de ce dossier de la collection Mots n’est pas seulement conseillée à quiconque envisage une mue toponymique : tout le monde aime les belles histoires.

ENS éditions, 17 €, 134 pages.

Les Mondes de la communication publique (Légitimation et fabrique symbolique du politique)
de Philipp Aldrin, Nicolas Hubé, Caroline Ollivier-Yaniv et Jean-Michel Utard

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Voilà un ouvrage récent d’universitaires qui, quoique parfois un poil jargonneux, a le mérite de tout remettre sur la table. Quitte à perturber le communicant public sûr de son fait et du service qu’il rend à l’«usager» ou à l’«administré». Car les douze auteurs apportent une nouvelle lecture de son rôle, moins «indigène», selon leur terme, et plus en corrélation avec le monde extérieur. Ils réinterrogent aussi trois paradigmes bien connus du secteur : la gouvernance, la dépolitisation et la professionnalisation. Leur regard extérieur, dans une littérature parfois un tantinet corporatiste, revêt sans doute un caractère salvateur.

Presses universitaires de Rennes, 190 pages, 18 €.

Réussir sa démarche de marketing territorial (Méthode, techniques et bonnes pratiques)
de Vincent Gollain

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Directeur du marketing territorial à l’ARD Paris-Île-de-France et président du club Marketing territorial à l’Adetem, Vincent Gollain connaît son sujet. Il assure d’ailleurs une veille quasi-quotidienne sur son blog, le bien nommé «Marketing territorial».
Le spécialiste peut prétendre à l’exhaustivité ? Il s’y atèle avec rigueur. Il livre une méthode (à ce titre forcément discutable) étayée par de nombreux graphiques (dont une vue d’ensemble à détacher en page 173 !) et d’encore plus nombreux cas concrets (plus de 50 exemples décortiqués). Le niveau de technicité y est certes relativement élevé, mais la structuration du propos le rend digeste, voire facilement assimilable. La première partie de l’ouvrage liste les huit leviers «d’un bon marketing territorial». La suite, opportunément chronologique, entre dans le détail et accompagne le communicant public, l’agence ou l’étudiant pas à pas. à défaut de «réussir» sa démarche de marketing territorial, il ne l’aura, c’est certain, pas échafaudée à l’aveugle.

Territorial éditions, 190 pages, 49 €.

Le Château, une année dans les coulisses de l’Elysée 
de Mathieu Sapin

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Tout est dans le titre ! Mathieu Sapin, qui avait déjà raconté en quelques planches la campagne de François Hollande en 2012, se fait petite souris pour décrire les coulisses du «Château». Outre les cuisiniers, fleuristes et autres préposés au protocole, les protagonistes s’appellent entre autres Christian Gravel, Aquilino Morelle ou Gaspard Gantzer – les différents hommes de com’ d’Hollande. Ils enchaînent conférences de presse, voyages en délégation, affaire Léonarda, déroute électorale, remaniement et rassemblement national le 11 janvier 2015… Avec eux, l’auteur observe, mi-candide, mi-ironique. Mathieu Sapin n’a pas toujours accès aux véritables lieux de décision – même s’il obtient l’autorisation de  croquer le président en lui adressant directement un SMS. Mais ce qui aurait pu être un handicap devient une chance : l’ouvrage dépeint à merveille le dispositif de relations presse et de communication de l’élysée… Non seulement  l’auteur a décidé de ne pas enlever les journalistes de la photo «parce qu’ils font partie du décor en permanence», mais il les dessine à longueur de planches. Il leur donne la parole. Sans toujours les avoir prévenus au préalable, d’ailleurs, dixit l’un d’entre eux. Le genre de détails qui, quoique déontologiquement  discutables aux yeux de certains, rendent le récit savoureux et instructif.

Dargaud, 144 pages, 19,99 €.

Les nouvelles luttes sociales et environnementales 
de Thierry Libaert et Jean-Marie Pierlot

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«Si l’argent est le nerf de la guerre, la communication est le nerf du combat opposant des intérêts divergents.» Notre-Dame-des-Landes, gaz de schiste, OGM, barrage de Sivens : dès lors qu’il y a lutte, il y a lutte de communication. Une lutte disproportionnée, certes, mais que chaque partie peut désormais  aborder armée d’un guide digne de ce nom. Constatant que le monde académique faisait la part belle à la communication des entreprises et des institutions, Thierry  Libaert, spécialisé dans la communication sensible, et Jean-Marie Pierlot, qui a travaillé pendant plus de 25 ans dans des ONG comme Greenpeace, la WWF ou Amnesty International, ont voulu rétablir l’équilibre. Ils signent ici un  ouvrage bien écrit et très structuré, façon manuel scolaire. S’y mêlent  des références historiques, des mises au point lexicales, une bibliographie de quatre pages, ainsi que des témoignages d’acteurs de premier plan comme José Bové pour le Larzac ou Julien Durand pour Notre-Dame-des-Landes. «La communication est désormais pleinement devenue un paramètre majeur de succès des luttes environnementales et sociales, écrivent les auteurs. Une contestation mineure mais bien conçue dans une perspective de communication aura toujours plus d’efficacité qu’une action majeure non médiatisée.» Des exemples ? Du Larzac à l’huile de palme et au droit au logement, dix fronts sont par ailleurs méthodiquement passés au crible (“le thème”, “les enjeux”, “l’historique” et “l’analyse de la communication”). Brief ose un conseil aux dircoms publics : feuilletez, parcourez, dévorez cet ouvrage très documenté. Au moins parce que la «connaissance des stratégies adverses» abondamment citée par les deux spécialistes parmi les conditions d’efficacité de la communication des militants associatifs est tout aussi nécessaire… à leurs adversaires, précisément. 

Vuibert, 224 pages, 17 €.

Big data, penser l’homme et le monde autrement 
de Gilles Babinet

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«Tu as pété les plombs ?» Quand il a reçu, parmi tant d’autres, ce SMS de Fleur Pellerin, alors ministre en charge du Numérique, après avoir asséné dans une interview que «La Cnil (était) un ennemi de la nation», Gilles Babinet ne savait pas encore qu’il consacrerait 256 pages à la réponse. Big data, penser l’homme et le monde autrement est d’abord un plaidoyer, une longue démonstration que les techniques de Big data sont une bonne nouvelle, qui permettront d’améliorer la prise en charge médicale ou de mieux gérer les ressources des villes, par exemple. Une bonne nouvelle aussi pour les communicants, au passage, selon l’auteur. Ce dernier fait l’effort louable d’être peu jargonnant. Il ajoute même un lexique à son ouvrage. Le déroulé est clair et éclairant. Efficace. Préfacé par érik Orsenna, l’ouvrage a surtout pour qualité de n’être ni péremptoire, ni incantatoire, à la différence de la posture en général assumée par l’auteur sur les plateaux ou dans les différentes tables rondes auxquels il est invité. Gilles Babinet a beau être convaincu, il interroge, avec moult exemples concrets à l’appui. Ses questions s’avèrent aussi passionnantes qu’angoissantes : «La propriété sera-t-elle toujours une valeur phare de la société de demain ?» ou «Les lieux de savoir vont-ils disparaître ?» Le Big data n’est plus vraiment un choix, explique le spécialiste. Son impact sociétal, si.

Le Passeur, 256 pages, 20,50 €.

Un Tour de France en affiches 
de Jean-Didier Urbain

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«L’affiche touristique joue un rôle déterminant, non seulement en informant des lieux à voir et desquels profiter, mais également en prescrivant des choix de destination et des conduites de loisir à adopter et à reproduire.» C’est Jean-Didier Urbain, ethnologue spécialisé dans le tourisme, qui l’écrit. Il propose dans ce beau livre 200 affiches signées des plus grands noms  de l’illustration. Un sommaire sous forme de carte de France rend la visite aussi facile qu’agréable. Pour un communicant, le graphisme inspire. Les imaginaires vendues par ces réclames séculaires aussi.

Ed. de la Martinière, 216 pages, 29,90 €.

La Communication 3S 
d’Alain Testa

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La communication «3S» ? Sens, simplicité, sincérité. Alain Testa prône un  retour aux fondamentaux : «Une bonne communication, efficace, c’est avant tout le sens qui donne du contenu, la simplicité qui apporte la compréhension et la sincérité qui rend crédible», résume t-il dès la page 15. Ancien journaliste et  directeur de la communication de la communauté d’agglomération du Calaisis, l’auteur laisse sans doute parfois transparaître une pointe d’aigreur, un air déjà entendu de «c’était mieux avant». Mais au final, il livre un cri de colère intéressant, un pamphlet aussi sincère qu’étayé (Pilhan, Séguéla, Cayzac ou Wolton à la barre) et constructif, puisqu’il est avant tout question de méthode et de conseils. Seul  bémol : si l’auteur fait parfois référence à son parcours, notamment dans les médias locaux, son ouvrage demeure assez théorique et aurait sans doute gagné à être émaillé d’anecdotes, de noms, de retours concrets d’expérience. Alain Testa fait preuve de recul. Pas encore d’une totale liberté.

Thebookedition.com, 124 pages, 8,78 €.

Le Média-training 
par Adrian Dearnell

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Le CV de l’auteur, à lui seul, invite à la  lecture de cet ouvrage à la maquette  aussi originale que réussie. D’abord parce qu’Adrian Dearnell a de l’expérience : ex-journaliste financier à Bloomberg TV, BFM Radio ou encore Radio Classique,  il revendique plus de 3 000 interviews télévisées ! Surtout, il a la double nationalité, et donc la double culture, franco-américaine. Ce qui confère une vraie valeur ajoutée à sa  publication, qui regorge de comparaisons et d’anecdotes parfois truculentes. «Il se trouve que les Américains communiquent bien et naturellement, résume-t-il : il nous suffirait parfois de nous en inspirer pour mieux communiquer.» Son ouvrage, surtout destiné aux patrons, peut y contribuer. Et les interviews de Maurice Lévy (Publicis), Henri de Castries (Axa) et André Santini (député maire d’Issy-les-Moulineaux) ne gâtent rien. 

Ed. Eyrolles, 24 €, 152 pages.

Répondre à l’interview d’un journaliste
par Éric Coutard

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«N’ayez pas peur !» Journaliste aguerri et formateur au CFPJ, l’auteur invite ici à aborder l’interview avec enthousiasme, à ne plus craindre le piège, à ne pas voir un ennemi en chaque journaliste. Ce qui change un peu. La condition ? Etre bien préparé à l’exercice et ouvert à l’adaptation. Eric Coutard propose des chapitres courts, des paragraphes digestes et bien écrits, des exemples bien sentis, parfois drôles. Son livre ressemble à ce qu’il est : un manuel très pédagogique – en 18 parties et 74 chapitres ! On y apprend aussi bien ce que  le corps doit montrer que ce que valent le off ou l’accord préalable. On y appréhende surtout mieux les journalistes, qui n’ont pas pour vocation «de vous aider à diffuser votre communication telle que vous l’avez envisagée». Un outil indispensable pour tout dircom ou chargé de relations presse en quête de clés de compréhension… 

Ed. CFPJ, 28,50 €, 304 pages.

Communication financière et participation citoyenneB28 couv_e-book 
par Pierre-Ange Bastien

Communiquer sur le budget ? Une obligation  légale, mais «aussi politique et démocratique». Dans un livre aussi technique que complet, Pierre-Ange Bastien, ex-dircom de collectivité, fait le tour de la question, en l’abordant notamment sous l’angle de la participation citoyenne.   

Dictus Publishing, 24,80 €, 90 pages

  

Pour en finir vraiment avec le millefeuille territorial 
par Éric Giuily et Olivier Régis

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Le lecteur pressé peut se rendre directement à la page 23. Il aura à la fois  raison et tort. Raison : Éric Giuily, patron de l’agence Clai (Paris), et Olivier Régis, président délégué du comité de gestion du Forum pour la gestion des villes  et des collectivités territoriales, y font l’effort rare de synthétiser leur propos à l’extrême. Les sept commandements «pour en finir vraiment avec le millefeuille territorial» se résument sur une seule feuille ! Tort : il n’aura rien compris.  Surtout, il voudra comprendre. Comment, «49 départements» ? Un peu plus de 2 000 intercommunalités fortes ? La  réflexion des auteurs intrigue. Les deux cartes centrales – deuxième effort aussi louable que nécessaire – comparant  la France d’aujourd’hui et celle de demain ne font qu’interroger davantage. Les deux Savoie y sont réunies, Poitou-Charentes devient un département et la région  Bretagne n’abrite plus, précisément, de départements. Paris n’est plus une métropole, le Cantal a rejoint l’Aveyron et la Lozère, l’Oise l’Île-de-France… De fait, Éric Giuily et Olivier Régis proposent une carte «à la carte» ! Respecter la logique de chaque territoire, défendre une «modularité» des compétences : voilà le seul moyen efficace et pertinent, selon eux, d’effectivement supprimer des échelons tout en contournant  les contre-sens et les injustices. Aux six niveaux actuels, ils en substituent trois principaux : le régional, l’infrarégional et l’intercommunal. «On a travaillé sur les bassins de vie, sur les flux économiques et de transports, détaille Oliver Régis. C’est ce qui permet d’avancer.» Lui et son compère enclenchent surtout un engrenage salvateur, contraints d’aller au bout de leur logique pour rédiger «un projet clair et cohérent pour la France de demain». Au-delà de la carte, la fiscalité doit être revue. Au-delà de leur nombre, les légitimité et responsabilité des élus, également. Olivier Régis et Éric Giuily plaident pour le non-cumul des mandats, pour l’élection au suffrage universel  direct des conseillers d’intercommunalités, pour une rémunération juste des élus, pour des mandats de cinq ans et des élections locales à mi-mandat présidentiel. Point de communication publique dans cet ouvrage. Mais il est bien question de réformes majeures et impactantes pour tous les dircoms publics.  Les deux auteurs, qui travaillent aussi ensemble pour le compte de leurs structures respectives, signent ici un ouvrage guidé par l’urgence et la crainte. L’urgence dictée par le calendrier : les transferts de compétences entre strates ne sont pas encore décidés. La crainte, surtout, née des atermoiements de l’automne 2014. Celle de voir le gouvernement freiner sur ces questions territoriales et fiscales. «Nous avons quelques différends idéologiques, mais nous partageons une même peur de voir un débat politique se rigidifier et s’appauvrir, témoigne Olivier Régis, lui-même élu UMP à Bezons (95) quand son co-auteur, ex-directeur général de France 2 et PDG de l’AFP, est aussi connu pour son parcours dans les cabinets socialistes… Cette réforme territoriale est peut-être la plus urgente, pour  la sauvegarde de la démocratie.» Un brin cynique, son compère se montre «optimiste» : «La contrainte financière est réelle et durable !» Le temps presse ? Au dos  de leur ouvrage, le QR code est légendé «Réforme territoriale 2022».

ANTOINE GAZEAU

L’Archipel, 18,95 €, 256 pages.

Réussir son journal municipal 
par Thierry Saurat et Luc Renac

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L’ouvrage proposé ici est un “trois-en-un”. Il est d’abord un guide – c’est sa promesse principale, qu’il honore avec soin –, un assistant aussi pratique que pédagogique, une méthode qui accompagne le professionnel depuis la conception du projet éditorial jusqu’à l’achat d’une photo. Réussir son journal municipal propose en outre une réflexion sur le rôle de cette drôle de presse, dont la responsabilité doit être à la mesure de son objet même : elle incarne le premier geste d’une administration envers son administré. «Il s’agit de trouver un juste langage pour créer du commun, explique Thierry Saurat à Brief. Cela nécessite courage, confiance et compréhension de son environnement.» Le co-auteur de ce «dossier d’experts» va plus loin : «Notre presse n’est pas inféodée à la logique médiatique qui prévaut ailleurs. Nous ne sommes pas obligés de donner la parole aux acteurs clivants. Il ne faut pas singer nos confrères. Nous sommes une presse positive qui, à défaut d’évoquer le train en retard, prend le temps d’expliquer pourquoi il existe, comment il avance, etc.» C’est cette proposition de storytelling positif qui incarne sans doute le mieux la troisième caractéristique de l’ouvrage : sur nombre de questions, ses auteurs prennent partie. Sortir complètement les élus du bulletin territorial ? «Un choix contestable». Rendre compte du conseil municipal ? Le genre paraît «peu adapté à la presse de l’institution». Thierry Saurat et Luc Renac donnent des clés, font des choix, expliquent leurs renoncements. Une liberté de ton qui, avec les nombreux exemples concrets, rend la lecture de leur synthèse aussi instructive qu’agréable. Ce que l’exercice ne rendait pas d’emblée évident…

ANTOINE GAZEAU

Territorial éditions, 59 €

De l’inégalité des villes… et de leur développement
par Emmanuel de la Masselière

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S’il n’est pas consacré stricto sensu à la communication, ce livre dédie quelques chapitres intéressants à la compétition que se livrent les territoires, en apportant des éclairages historiques – ah, «les guerres de Florence et de Sienne» ! – et d’autres réflexions inspirantes sur l’évolution de la taille critique des territoires, par exemple. Emmanuel de la Masselière revient aussi sur les raisons de cette compétition – rapport consumériste au territoire, expansion des mobilités, etc. «Le plus important est la confiance que la société du territoire a en elle-même et en son avenir», écrit l’ancien dircab d’Alain Peyrefitte à Provins (77). Il est, pour le coup, beaucoup question de communication.

ANTOINE GAZEAU

L’Harmattan, 16,50 €

La Fabrique de l’ennemi
par Georges Lewi

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«L’erreur de mon premier mandat a été de penser que le travail consistait à bien mener la politique. Mais la nature de ce poste, c’est également de raconter une histoire au peuple américain.» Si même Barack Obama le dit… Christian Salmon(1) avait certes été le premier, en France, à le décrypter dans ses moindres interstices, mais il n’a pas inventé le storytelling. Dans la foulée du chercheur, Georges Lewi choisit ici de définir, d’analyser et d’apposer un regard quasi-scientifique sur la technique. Avec une approche beaucoup plus bienveillante que son prédécesseur, toutefois. Un parti-pris assumé : «Mon ouvrage défend le storytelling même s’il en critique les abus, prévient-il d’emblée. Le storytelling est la prise de conscience de l’existence d’un ensemble de techniques et d’un art de la conversation au coeur du lien social depuis dix mille ans.»

L’expert, spécialiste des marques, livre une méthode – «Que retenir» des exemples cités, s’interroge t-il à la fin de chaque mini-chapitre, rendant ainsi à la fois son ouvrage souple à la lecture et son propos facile à entendre. Georges Lewi aide ici à comprendre – que l’on s’en accommode ou non – un incontournable de la communication. Le storytelling des entreprises, des marques, des individus, des sociétés, des personnalités politiques et, bien sûr des institutions publiques… La force du livre réside dans ses nombreux exemples et comparaisons : Dubaï et Abu Dhabi, Montréal et Toronto, Churchill et De Gaulle, Obama et Poutine… Saint-Tropez et l’île de Ré auraient pu raconter la même histoire. Mais le village varois exècre l’ennui quand l’île picto-charentaise rejette l’idée de rapidité. L’ennemi qu’ils se sont définis diffère radicalement. Et la «fabrique de l’ennemi», dixit Georges Lewi, c’est la clé du storytelling… !

ANTOINE GAZEAU

(1) Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, Christian Salmon, La Découverte, 2007.

Vuibert, 19 €

Quand la pub nous transporte,
65 ans de publicité RATP

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Qui se souvient que Siné, le dessinateur, avait malicieusement suggéré aux cambrioleurs de prendre le métro pour semer la maréchaussée en 1953 ? Que des panneaux lumineux annonçaient un «Métro fluide» sur le périphérique bondé en 1997 ? Ou encore que la reine Cléopâtre, en 1983, cherchait le chemin de «Pyramides» ? Au-delà de son aspect ludique et nostalgique, c’est parce que, depuis 65 ans, les campagnes de la RATP racontent nos envies, nos obsessions, nos modes de vie et l’air du temps que cet ouvrageanniversaire de 160 pages est un régal à feuilleter.

Il y eut le fameux «Ticket chic, ticket choc», bien sûr, mais aussi les astucieuses «Lignes de vie», puis l’audacieux «Restons civils sur toute la ligne»… Une chronologie exhaustive viendra satisfaire les plus insatiables des lecteurs. Pour les autres, le sommaire prévient d’emblée : l’ouvrage est émaillé de «poésie», d’«amour», d’«humour» et de «respect». De Jacques Séguéla à Mercedes Erra ou Annie Lemoine, plusieurs personnalités du monde de la publicité, de la communication et de la culture commentent aussi ces 65 années qui racontent bien plus qu’une saga publicitaire.

«Ces campagnes témoignent du dialogue que la RATP a toujours souhaité entretenir avec ses voyageurs, ici comme ailleurs, en Île-de-France, comme dans les nouveaux territoires où se développe le groupe», raconte Isabelle Okrent, directrice de la communication de la régie. Le livre est proposé au grand public dans une logique de «conservation et de valorisation» du patrimoine parisien. Et parce qu’il lui parle de lui-même… !

ANTOINE GAZEAU

Le Cherche-Midi, 24 €

La parole présidentielle
par Joseph Daniel

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Il arrive (souvent) que "les propos, les attitudes, les gestes  comptent autant que les décisions de fond". Cette communication de nos dirigeants, volontaire ou non, Joseph Daniel l’analyse de fond en comble. Son travail très documenté (36 pages de notes) décortique tout, de l'éloquence d'un  de Gaulle à l'auto-interrogation pédagogique d’un Giscard, de la rareté de la parole prônée  par Jacques Pilhan pour Mitterrand au risque de saturation assumé par Sarkozy. Le récit est vivant, émaillé d'anecdotes savoureuses. On sourit en imaginant de Gaulle recevoir la boutade de JFK se présentant comme "l'homme qui accompagne Jackie  Kennedy". Ou encore en entendant Chirac, fin 1996 :  "Mais qu'est-ce qu'on appelle la souris ?" Joseph Daniel rappelle que Jospin a payé cher pour une phrase qu'il n'a jamais prononcée sous cette forme ("L'état ne peut pas tout") ou que VGE, et non Jacques Pilhan, est "le véritable inventeur du plan  médias". La Parole présidentielle se lit comme un roman de la Ve République. Ses personnages sont présidents ou ministres. Leur utilisation de l'histoire, leur rapport au temps, au symbole, à la littérature et à leur propre image sont scrutés.  Joseph Daniel livre aussi une vraie réflexion sur le rôle des médias, dont l'évolution est si spectaculaire qu'une comparaison entre les ères de Gaulle et Hollande relevait de la gageure. L'auteur a su contourner l'écueil en replaçant les exemples concrets dans leur contexte. Aux dirigeants vus comme  des pères ont succédé des présidents perçus comme nos pairs, observe t-il. L'horizontalité dictée par les chaînes infos et les réseaux sociaux a tout changé. Le décryptage des intentions et la vérification systématique des propos ont ajouté à la difficulté. L'ORTF paraît dater du Moyen-Âge… «Je ne suis ni historien, ni journaliste ni homme politique, explique Joseph Daniel à Brief. Je suis un acteur engagé.» Un communicant de gauche qui s'assume. Difficile de l'oublier quand il doute, par exemple, à propos d'un Sarkozy éventuellement réélu en 2017, que «son impeccable mécanique puisse fonctionner avec tant de fascination et si peu de résistances». Il égratigne aussi au passage certains de ses successeurs  de droite à la tête du Service d'information du gouvernement, à l'instar d'un Thierry Saussez (2008-2010) qui aurait fait  augmenter les dépenses de communication du gouvernement de 324%… Pour autant, l'auteur fait preuve d'empathie à l'égard de tous ses personnages. D'un Giscard, il retient ainsi autant les apports à la communication politique, réels, qu'une forme de nombrilisme qui finit par se retourner contre lui.  Une honnêteté intellectuelle qui grandit le récit.  Le voyage proposé l'est à haute altitude.

ANTOINE GAZEAU

Éditions du Seuil, 23 €  

50/50 ou 50 nuances de pub
par Philippe Gadel

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Page 39 : pourquoi le cow-boy de Marlboro, mis en scène par Leo Burnett en 1967 ? “Pour la légende”. Dans son dernier ouvrage, non seulement Philippe Gadel, ancien publicitaire (TBWA et Jump) et planneur stratégique, dresse la liste des cinquante campagnes qui «ont marqué à jamais l’histoire de la publicité» mais il résume en deux mots, pour chacune d’entre elles, la raison pour laquelle il les a retenues. Un de ces détails, ajoutés à une banque de visuels particulièrement fournie, qui rend la lecture de 50/50 à la fois ludique et délassante. Des films Levi’s des années 1980 à l’émouvante campagne pour la Volkswagen Polo de 2011, l’auteur parcourt un demi-siècle de création. Il raconte, décortique et analyse ces productions qui «font partie de la mémoire collective de leur époque respective». Il n’est ici point question de communication publique. Mais d’inspiration et de compréhension de la culture populaire au fil des ans, certainement.

ANTOINE GAZEAU

Éditions L’Harmattan, 246 pages, 28,50 €  

Jeu d'influences
par Luc Hermann et Jules Giraudat

Jeu dinfluences 72DPILa série documentaire éponyme en deux volets,  diffusée sur France 5 le 6 mai dernier, était déjà particulièrement éclairante. Le serious game, toujours  en ligne (jeu-d-influences.france5.fr), absolument  captivant. Mais il faut lire l'épaisse enquête de Luc Hermann et Jules Giraudat pour s’immerger dans le monde des maîtres de l’influence qui se sont désormais imposés dans toutes les sphères du pouvoir. Stéphane Fouks, Anne Hommel, Franck Louvrier, Sacha Mandel…

Le nom de ces spin doctors est inévitablement accolé à celui des affaires politiques qui ont récemment défrayé la chronique. Jamais une enquête aussi aboutie ne leur avait été consacrée. Ces conseillers en communication s'y livrent d'ailleurs, eux qui fuient habituellement autant les caméras qu'ils décrochent promptement leur téléphone.

Du traitement médiatique de l’affaire Cahuzac – influencée par les cellules en question – à la chute de DSK, de  l’affaire Gaymard aux coulisses de la présidentielle de 2012, l’ouvrage consacre, sur un ton narratif très chronologique, toute sa première partie aux spin doctors des politiques (la deuxième partie étant réservée à la communication de crise). Où l’on constate que  le cynisme le plus abouti et la manipulation si souvent crainte et justement décriée – «Les communicants sont là pour faire croire des choses qui n’existent pas», résume Charles de Courson, député UDI qui a présidé la commission d'enquête parlementaire consacrée à l’affaire Cahuzac – le dispute finalement parfois à la “câlinothérapie” – dixit Anne Hommel quand elle explique, avec force détails, comment elle a dû isoler Jérôme Cahuzac de tous ses proches pendant plusieurs jours pour le “reconstruire” – et au professionnalisme salutaire de ces experts de l'opinion et du fonctionnement médiatique. Au-delà du fantasme – «On nous  attribue toujours beaucoup de choses», ironise Stéphane Fouks, le puissant patron d’Havas – bienvenue  dans le monde réel. Qu'on l'aime ou non.

ANTOINE GAZEAU

Éditions de La Martinière, 256 pages, 21 €  

La communication publique et territoriale
par Dominique Mégard

Communication publique et territorialeLa communication de la sphère publique se professionnalise et évolue sans cesse. Dominique Mégard, bien connue des membres de Cap’Com, réussit à faire le tour du sujet en moins de 120 pages dans un ouvrage clair et bien structuré, appelé à devenir un “classique”. Le tout alliant subtilement, au fil des pages, les phases de présentation et de réflexion.

Particulièrement utile à tous ceux qui découvrent ce domaine d’activité, comme à ceux qui souhaitent “rafraîchir” leurs connaissances. Un chapitre retrace les grandes évolutions de la communication durant les trente dernières années (de la naissance des journaux et magazines à la fin des années 1970 aux récentes interrogations liées au web 2.0). Deux parties consacrées aux multiples émetteurs de la communication publique ainsi qu’à ses différents métiers présentent dans le détail les acteurs du secteur. Les questions liées à la légitimité de la communication publique (souvent attaquée), aux dépenses (régulièrement contestées) et aux liens avec la communication politique ne sont pas éludées, abordées dans le chapitre «Spécificités et enjeux de la communication publique». Trois parties consacrées à la place de l’information dans la communication, aux aspects “prescription”, ainsi qu’aux tendances et évolutions du secteur viennent compléter l’ensemble.

FABIENNE HILMOINE

Dunod, 128 pages, 9,80 €  

Le nouveau guide de la communication interne
par Paul Constans et Fabrice Jobard

Guide de la communication interneDe la place de la communication interne dans l’organigramme à son rôle en période de crise, en passant par l’élaboration du plan de communication et le panel des outils disponibles, ce “dossier  d’experts” dépeint de manière quasi exhaustive les multiples facettes d’un domaine trop longtemps négligé au sein des institutions et collectivités. Le plus de l’ouvrage : le référentiel métier du responsable de communication interne.

Un bémol : l’absence de visuels qui permettraient de rendre plus concrètes nombre de recommandations des auteurs.

FABIENNE HILMOINE

Territorial éditions, 98 pages, 60 €

   

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