Covid-19 : l’événementiel, première victime collatérale

Les dégâts sur la filière ne sont pas encore chiffrés. Mais ils seront, en tout état de cause, considérables.

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Evénement reporté ! On se souviendra, dans le secteur, que tout a commencé comme ça. D'abord, les rendez-vous réunissant plus de 5 000 personnes, puis plus de 1 000, puis plus de 100… et bien souvent, des événements rayés de l'agenda par simple précaution. On se souviendra des alertes d'alors. Dans une lettre adressée au Premier ministre dès le 2 mars, Bertrand Biard, président de l'association Lévénement rappelait que « nos TPE et PME ne disposent pas de la trésorerie suffisante pour faire face à une telle crise, même si elle ne devait durer qu’un mois, étant précisé que le chômage technique ne suffirait évidemment pas à résoudre ces difficultés financières. » L'Association des agences-conseils en communication (AACC) appelait à son tour, le 5 mars, « l’ensemble des décideurs de la communication, annonceurs, agences, prestataires et médias à ne remettre en cause les actions de communication qu’en dernier recours ». Et certains acteurs comme Assaël Adary, patron d'Occurrence (Paris), exhortaient à la mobilisation, tout en donnant des idées : « Supprimer pour un temps les mises en compétition », par exemple, qui impliquent « beaucoup d’énergie et de moyens perdus dans une période difficile ».

C'était avant. Plus aucun événement, bien sûr, n'est aujourd'hui maintenu. Il restera à gérer l'après. Patrice Bégay, dircom de Bpifrance, en appelle déjà « à la sincérité et à la solidarité » dans Stratégies, le 18 mars. « Demain s’écrira ensemble et non sur le dos des agences et prestataires de l’événementiel », veut-il croire. « Les clients doivent être solidaires de leurs sous- traitants que j’appelle plutôt partenaires des succès », poursuit-il, avant d'annoncer quelques propositions de Bpifrance : garantir les banques à hauteur de 90 % si elles consentent un prêt de 3 à 7 ans, proposer un prêt sans garantie sur 3 à 5 ans de 10 000 à 5 millions d’euros pour les PME, et plusieurs dizaines de millions d'euros pour les entreprises de taille intermédiaire, décaler les échéances de six mois sans frais, etc. En France, le secteur de l’événementiel représenterait 335 000 emplois au global…

JÉRÔME TRICHET

Légende photo : Les 12e Rencontres nationales de la communication interne, en 2019. Crédit photo : CAPCOM