Harcèlement : après la démission de Laurent Habib, l’AACC se remobilise

« Une telle violence ne peut rester sans réponse. Elle est le reflet d’une parole qui n’a pu se libérer autrement.

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Cela doit nous alerter sur le fait que les outils mis en place ne suffisent pas ou que nous n’avons pas réussi à les promouvoir assez efficacement au sein de nos agences. » L’heure de la remise en question est donc arrivée, à l’Association des agences-conseils en communication (AACC), secouée par un violent séisme le 13 octobre : la démission de son président Laurent Habib, mis en cause dans plusieurs témoignages pour harcèlement moral et sexuel. Montré du doigt par le compte Instagram @balancetonagency, qui dénonce le harcèlement sexuel dans les agences de pub depuis le 22 septembre, le fondateur de Babel a cédé sa place à un duo (photo ci-dessus), Bertille Toledano (BETC) et David Leclabart (Australie), qui entame sa gouvernance en intérim (au moins jusqu’à fin 2020) avec une lettre co-signée par 139 patrons et patronnes d’agences membres : « Nous reconnaissons que le silence de notre association depuis des semaines illustre le dysfonctionnement de notre mode de gouvernance. Un mode de gouvernance que nous devons revoir en profondeur afin de mieux répondre à l’ensemble des enjeux actuels », écrivent-ils entre autres, avant de promettre de « réformer [leur] mission et [leurs] modes d’actions », puis d’inviter à construire « une nouvelle AACC ». Concrètement, le syndicat propose déjà l’adaptation française de l’application open source #NotMe, qui permet aux victimes et aux témoins de reporter les comportements inappropriés. Un dispositif complémentaire de la ligne d’écoute et d’accompagnement (0 800 100 334), d’une session de formation dispensée par le cabinet Equilibres sous forme de vidéoconférence, le 22 octobre, elle-même suivie de formations aux dirigeants et managers pour la mise en place opérationnelle des outils et mesures que l’association élabore avec son Bureau des Juniors. L’instance se rapproche enfin des parties prenantes (Les Lionnes, Balance ton agency, la Fondation des Femmes…) « afin d’objectiver la situation et créer l’adhésion autour de ces premières solutions ». Sa crédibilité et sa représentativité semblent en jeu. Possiblement perçue comme vieillissante, l’AACC a été créée en 1972. 

ANTOINE GAZEAU