L’humour pour rappeler les gestes barrières

On peut être sérieux sans se prendre au sérieux. C’est en tout cas le credo des Hospices civils de Lyon (HCL), qui ont lancé une campagne de sensibilisation aussi vaste (18 messages !) que décalée auprès de leurs professionnels.

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Intitulée « à la ville comme à la scène, on respecte les gestes barrières », elle détourne et revisite des expressions françaises connues de tous (« On peut rire de tout, mais de loin ! », « Se laver les mains pour prendre un café ? What else ? »). Dans les services de soins, au self, dans les salles de pause, dans les vestiaires… partout des stickers repositionnables ! Ce qui était déjà bien. C’était pourtant compter sans la Métropole de Lyon et le Syndicat de transport lyonnais (Sytral), qui ont plus tard souhaité reprendre une partie des visuels et afficher ainsi leur soutien à l’hôpital public (qui se matérialise par la prise en charge financière intégrale de la campagne dans les supports payants, ainsi que de la fabrication de toutes les affiches).

Au final, l’importance des gestes barrières est rappelée dans les stations de métro et de tram, dans les bus, en affichage urbain dans toutes les communes de la Métropole, dans la presse locale et sur les réseaux sociaux depuis le début du second confinement. Dans l’Isère voisine, le dispositif piloté par le Département et le Syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise (SMMAG) s’avère encore plus vaste, le ton encore plus corrosif.

Quatre visuels sont déployés depuis le 9 novembre sur l’ensemble des 220 abribus et des 800 cars du département, ainsi que dans les transports de la métropole grenobloise et des autres territoires isérois (Vienne Condrieu agglomération, la CAPI et le Pays voironnais notamment). Le message : « Porter le masque, c’est bien. Correctement, c’est mieux ! » Et c’est en dessins que le ridicule est ici illustré. La campagne montre en deux visuels qu’un masque sous le menton équivaut à un slip porté au niveau des genoux, ou que pendu à l’oreille, il est aussi incongru qu’une cravate sur la tête en réunion de travail… « Un pas de côté pour un masque mieux porté », résume le dircom isérois, Jean-Marie Cabrières.

Antoine Gazeau