La présidence de la République en quête de (bons) communicants

Les départs risquent de s’enchaîner, notamment pour ceux qui ont suivi Emmanuel Macron depuis son entrée en campagne. Sylvain Fort, plume et fidèle du président depuis son élection, éphémère capitaine de la communication depuis octobre dernier, a annoncé son départ pour des raisons personnelles.

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Même envie d’ailleurs pour Barbara Frugier, conseillère communication internationale, ou encore pour l’ex-conseiller politique Stéphane Séjourné, qui a rejoint La République en marche pour diriger la campagne des élections européennes. Le président, qui a annoncé son souhait de réformer le fonctionnement de l’élysée, sans y être parvenu, doit recomposer une cellule communication empêtrée, entre autres, dans la crise sociale. C’est Sibeth Ndiaye qui devrait assurer le management de la communication d’Emmanuel Macron, et Jonathan Guémas se charger des discours présidentiels, le temps d’une réorganisation. En interne ? Le communicant Philippe Grangeon, très proche du président, prend déjà du galon en devenant son «conseiller spécial», chargé notamment d’échanger avec la presse. Comme à l’automne dernier, l’idée de proposer le poste à une pointure du secteur privé pourrait aussi refaire surface, afin de créer une véritable direction de la communication. Franck Louvrier, ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy et désormais directeur de la communication et des relations institutionnelles de la Maison de la Métropole Nice Côte d’Azur, a été sondé avant de décliner l’offre. D’autres noms de communicants extérieurs ont été cités : Pierre-Henry Brandet, ancien porte-parole du ministère de l’intérieur (2011-2017), Clément Léonarduzzi, président de Publicis Consultants et proche de Marie-France Lavarini, ex-conseillère de Lionel Jospin, Laurent Glépin, conseiller presse de Jacques Chirac à l’élysée il y a plus de dix ans, aujourd’hui également en poste chez Publicis, etc. Au moment où ce numéro de Brief était imprimé, aucun nouvel organigramme n’était toutefois confirmé. En octobre 2018, l’élysée avait communiqué sur la «débunkérisation» d’une communication qui s’était en fait repliée sur les «historiques» de la campagne. Florian Silnicki (LaFrenchCom) insistait alors, dans ComPol, sur la nécessaire ouverture de ce huis clos communicant : «Une équipe saine accepte qu’une personnalité rejoigne l’aventure. La défiance n’est pas née d’un sentiment irrationnel des journalistes, mais bien d’une réalité.»

Jérôme Vallette et Antoine Gazeau