Les dircabs sont aussi (et presque surtout) des communicants

Les amours contrariées de la com’ publique et de la com’ politique». Le sujet éternel… Une table ronde lui est consacrée lors du Forum Cap’Com du Havre, le 7 décembre. Il y aurait du neuf ? Un peu.

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Une étude inédite réalisée par Cap’Com et ComPol, avec le cabinet Occurrence et les associations de directeurs de cabinet Dircab et Dextera, confirme en tout cas que la communication est toujours omniprésente dans les missions et dans la fonction des cabinets. Pour 42% des dircabs ou collaborateurs interrogés, elle occupe entre 25 et 50% du temps de travail. 30% d’entre eux y consacrent même plus de la moitié de leur temps. Il est ici question de la dimension politique de la communication pour 90% des répondants. Lesquels se placent d’abord comme des «conseillers» (60%) sur ce plan-là, avant de citer leur rôle de plume (51%), d’organisateur (39%) ou d’expert (18%). Pour autant, rappellent-ils, ils ne sont jamais seuls. Et c’est au sein du trio dircom/dircab/élu que les lignes bougent parfois. Si 71% des sondés citent sans surprise l’élu comme partenaire privilégié, ils sont aussi 59% à citer le dircom, dont ils attendent une «vision stratégique» (70%) avant un «sens politique» (53%) et auquel est dévolue la com’ institutionnelle dont relèvent les publications (pour 65% des sondés), la com’ interne (89%) ou la com’ numérique (70%). Certains résultats de l’enquête dévoilent corollairement «la capacité des cabinets à assurer une bonne part de la communication institutionnelle», selon ses auteurs. Ainsi la com’ de crise de la collectivité serait-elle du ressort de la com’ politique (pour 87% de sondés), comme les relations publiques (75%), toutes les formes de concertation (72%) et même le protocole (57%), les relations presse de l’institution (58%) ou la com’ financière et budgétaire (54%). De là à imaginer des frontières étanches… «Si on ne se parle pas, ça ne peut pas fonctionner, témoigne, dans ComPol, Grégory Meche, dircab à Morangis (91). En communication, si quelqu’un joue une partie différente, c’est l’élu qui en pâtit.» Une large majorité (73%) des collaborateurs interrogés estime d’ailleurs que leur service communication «prend en compte la dimension politique de la communication de leur collectivité». C’est peut-être là que se situe la vraie nouveauté – disons de la décennie. D’abord dans cette intégration de la réalité politique par les dircoms (le tempo imposé par les réseaux sociaux peut n’y être pas étranger), mais surtout dans la perception qu’en ont leurs collègues dircabs.

ANTOINE GAZEAU (avec J. V.)