Réseaux sociaux : les universités quittent X (ex-Twitter) les unes après les autres

L’hémorragie avait commencé en 2023. Dans la foulée de l’université Rennes-2, qui avait lancé le mouvement dès août dernier, celles de Bordeaux Montaigne, d’Aix-Marseille et de Lyon-3 avaient déserté le réseau social X (ex-Twitter) en fin d’année, se fendant d’un communiqué… logiquement très commenté.

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D’autres y réfléchiraient sérieusement en France, même si le sujet fait débat, tandis que le Trinity College de Dublin, l’Uni Copenhague ou encore l’Université libre de Bruxelles ont opté pour la même solution. Entre autres raisons invoquées, avec en toile de fond le rachat de Twitter par Elon Musk en octobre 2022 : le retrait de la plateforme du code européen des bonnes pratiques contre la désinformation, la mise en place d’une certification payante, un algorithme qui dessert les publications scientifiques et qui favorise le harcèlement, les violences et le complotisme. Mi-janvier, c’est l’Université de Strasbourg qui a décidé de « participer à cette nécessaire prise de conscience sociétale ».

L’institution, « attachée tout au long de son histoire à la diffusion d’informations fiables, à l’esprit critique, au respect des valeurs d’intégrité, de diversité, d’humanisme, prend ses responsabilités en réaffirmant l’importance de canaux de communication utiles au débat public dans un esprit d’ouverture, de respect des échanges », précise le communiqué. Avant de supprimer complètement son compte @unistra, elle le laissera visible jusqu’à fin février. L’objectif : inviter ses abonnés à rejoindre ses autres réseaux sociaux (Facebook, YouTube, Bluesky, LinkedIn et Instagram) et laisser le temps aux comptes affiliés à l’université de migrer vers d’autres plateformes. C’est bien l’effet boule de neige, toujours, qui est visé. 

 ANTOINE GAZEAU